mercredi 1 juillet 2026
Créer, célébrer, relier !
Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024, un moment unique d’émotion du « vivre ensemble »
Revoir les images de la cérémonie donne encore à Thomas Jolly des frissons – et sans doute encore à de nombreux Français qui ont vécu ce moment unique ! « En 3h45, j’ai vu le pays tout à coup être heureux, dans la joie, dans l’unité. » Ce moment a démontré le pouvoir émancipateur du spectacle vivant, tant pour l’individu que pour le collectif.
Thomas Jolly aime se définir non comme un metteur en scène, mais comme un « traducteur scénique », au service des textes et des auteurs. Nourri d'influences aussi variées que le cinéma, la télévision, les jeux vidéo ou les musées, il construit ses créations en partant du vide, du silence et de l'obscurité, avant de faire émerger un poétiquement et clairement l’œuvre. Son goût pour les défis artistiques l'a conduit à imaginer la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris 2024.
Sa première ambition n'était pas de créer un spectacle, mais un récit. Avec plusieurs auteurs, il a cherché à répondre à une question simple : que va dire Paris au monde ? Au-delà des monuments, il souhaitait raconter une ville porteuse d'histoire, de valeurs et de diversité. De cette réflexion sont nés douze tableaux célébrant un « Grand nous », s’inspirant de la République comme modèle du vivre ensemble.
Le défi s'est intensifié le jour de la cérémonie lorsqu'une pluie torrentielle est venue bouleverser les plans. Plutôt que de renoncer à l'ambition initiale, Thomas Jolly et ses équipes ont choisi d'adapter le spectacle en temps réel afin de préserver l'essentiel du projet. Cette mobilisation exceptionnelle de près de 20 000 professionnels a donné naissance à ce qu'il qualifie de « monument humain ». La pluie, partagée par les artistes, les chefs d'État et le public, est même devenue un facteur d’empathie collective, créant du lien.
La cérémonie revendiquait la rencontre des différences : Aya Nakamura avec la Garde républicaine, Marina Viotti aux côtés de Gojira ou encore la danse classique sur de l'eurodance. Pour Thomas Jolly, chacun peut rester pleinement lui-même tout en participant à un projet collectif. Les nombreux témoignages reçus après l'événement ont confirmé l'importance de cette représentation et de cette diversité.
Marqué dans son enfance par le harcèlement scolaire, il a trouvé dans le théâtre un espace d'émancipation. Il défend ardemment la culture publique comme outil d’émancipation, de discernement et de lien social. Après les Jeux, il a pourtant été la cible d'un violent cyberharcèlement fondé sur une polémique infondée, dénonçant une instrumentalisation qui a fragilisé l'élan d'unité qu'il souhaitait susciter.
Convaincu que le sport et la culture sont de puissants leviers de cohésion, Thomas Jolly regrette que cet esprit n'ait pas davantage inspiré l'après-Jeux. Il poursuit aujourd'hui son parcours en explorant de nouveaux territoires artistiques, avec une même conviction : raconter des histoires qui rassemblent et rappellent combien nous avons besoin d'être ensemble.
En 3h45, j’ai vu le pays tout à coup être heureux, dans la joie, dans l’unité.
Avec : Thomas JOLLY (Directeur artistique des cérémonies d’ouverture et de clôture des Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024)
Animation : Margaux MANIÈRE (Rédactrice en chef adjointe des 13h et 20h Week-end, France Télévisions)
