lundi 13 juillet 2026
Artistes, créateurs, culture : créer le lien avec les publics
La culture, un bien commun qu’il faut partager
Qu’il s’agisse de fresques dans des résidences, de concerts en prison, de bus vers le Mucem, de festivals littéraires gratuits en province ou d’applis culturelles en entreprise, tous convergent vers une même idée : la culture ne refait société que si elle accepte de sortir de ses murs, de partager le pouvoir de créer, de reconnaître sa dimension de soin, et de considérer chaque personne – enfant, détenu, salarié, retraité – comme légitime à en être.
Les interventions de Marc Leclerc, Caroline Derveaux, Michel Franck et Sabine Longin montrent que l'art est bien plus qu'un objet de contemplation : il constitue un levier de santé, de lien social et de participation.
Marc Leclerc ouvre la réflexion sous l'angle de la prévention santé. En s'appuyant sur des données médicales d’Henner, il rappelle que l'art produit des effets mesurables : baisse du cortisol, amélioration de la douleur et de l'immunité chez des patients atteints de cancer, réduction du risque de diabète de type 2 et même diminution du risque de mortalité prématurée grâce au spectacle, film, chant, musée... Son ambition est d'intégrer la culture comme outil de prévention, au même titre que l'activité physique, en développant des programmes dans les entreprises, les prisons, les EHPAD ou les hôpitaux.
Avec Caroline Derveaux, la création devient une expérience collective. À travers ses fresques participatives, elle fait de l'art un outil de lien et de puissance d'agir. Le processus est essentiel : ateliers, co-conception et réalisation collective d'œuvres monumentales. Au-delà du résultat esthétique, ces projets donnent une parole écoutée, suscitent la fierté, renforcent le sentiment d'appartenance et réaffirment la place des habitants, notamment des jeunes, dans l'espace public.
Pour Michel Franck, le spectacle vivant est un élément de lien social absolument fondamental, parce qu'il permet de partager une émotion collective. L'enjeu principal n'est pas tant le prix que les freins symboliques liés à l'image élitiste de certains lieux ou représentations. Son engagement a consisté à multiplier les passerelles entre les publics et les œuvres, grâce à des projets participatifs, des collaborations inédites et des actions menées avec les écoles. Le numérique peut diffuser les œuvres, mais ne remplace pas l'expérience vécue en salle.
Enfin, Sabine Longin rappelle que le lien « art-care » se développe à l'échelle internationale. Par exemple, à travers des collaborations entre musées, hôpitaux et chercheurs pour mesurer en temps réel ce qu’une œuvre provoque sur le cerveau, la circulation sanguine... Elle souligne toutefois la nécessité de renouveler les publics, en particulier les 15-25 ans, grâce à des formats plus immersifs, co-création, des audio-guides, scénographies sensibles... Face aux contraintes budgétaires, elle plaide pour de nouveaux modèles mêlant mécénat privé, coproductions internationales, inspiration de modèles étrangers et désacralisation des institutions culturelles afin de mieux répondre aux attentes des publics de demain.
L'émotion, dans un lieu de spectacle, quel qu'il soit, est primordiale.C'est pour ça qu'on y va. [...] Le fait de partager un moment de culture tous ensemble est un moment absolument magique.
Avec : Caroline DERVEAUX (Artiste visuelle et créatrice d’expériences collectives dans la ville - Ambassade US, Roland Garros, hôpitaux, entreprises…) ; Michel FRANCK (Directeur général, Théâtre des Champs-Élysées) ; Marc LECLERC (Directeur général adjoint du Groupe Henner et président du festival Lire sur la Sorgue) et Sabine LONGIN (Présidente, Strategies & Cultures)
Animation : Giuliano SALDICCO (Co-fondateur, Studio Artera)
